Communiqué du Réseau Sortir du Nucléaire

Un an après la première conférence environnementale, aucune avancée n'a été effectuée et les insuffisances se confirment. Le retard s'accumule et les décisions urgentes restent à prendre.

Fessenheim : énième annonce pour confirmer le flou de la fermeture ! François Hollande a répété que Fessenheim fermerait d'ici fin 2016. Le gouvernement confirme qu'il continue d'ignorer les éléments qui témoignent de la dangerosité de la centrale et justifient son arrêt immédiat. Par ailleurs, il n'est pas possible de se satisfaire d'annonces concernant Fessenheim. En un an, mise à part la nomination d'un délégué interministériel, rien n'a été fait. Ce n'est pas avec la méthode Coué que la centrale sera fermée, mais bien avec l'adoption de mesures qui, jusqu'ici, font toujours défaut !

Réduction de la part du nucléaire : le calcul ne tient toujours pas ! François Hollande a promis qu'en vertu de la loi sur la transition énergétique - qui ne sera pas votée avant fin 2014, laissant du temps au lobby nucléaire pour effectuer son travail de sape - , le gouvernement reprendrait la main sur la politique énergétique. Traditionnellement, les gouvernements n'ont jamais eu besoin de loi pour ouvrir des centrales, pourquoi en faudrait-il une pour en fermer ?

En l'absence de fermeture de nouveaux réacteurs, on ne voit toujours pas comment la réduction de la part du nucléaire va se concrétiser, avec le seul arrêt de Fessenheim et l'ouverture prévue de Flamanville. En outre, malgré des annonces carillonnantes sur la réduction des consommations d'énergie d'ici 2050 - un objectif bien lointain par ailleurs -, aucune annonce n'a été faite sur la réduction des consommations électriques.

L'ignorance du risque nucléaire perdure Pendant ce temps, le chantier calamiteux de l'EPR se poursuit, sans que les pouvoirs publics ne se soucient des malfaçons. Pendant ce temps, les centrales vieillissent - et pas seulement Fessenheim - et accumulent les problèmes techniques graves, une vingtaine de réacteurs ayant dépassé les 30 ans. Et la situation du parc nucléaire français n'inquiète pas que les antinucléaires. Même Pierre-Franck Chevet, président de l'ASN, a récemment rappelé qu'il n'était "pas impossible" qu'une anomalie ou la détection d'une corrosion oblige à fermer soudainement "de 5 à 10 réacteurs". Il est irresponsable de la part du gouvernement d'ignorer ces mises en garde par ailleurs modestes (du fait de la construction en série du parc, un nombre bien plus élevé de réacteurs pourrait être concerné).

N'attendons pas un accident en France pour réagir ! En dépit de l'inaction du gouvernement, la sortie du nucléaire est plus que jamais nécessaire et urgente.


carte nucléaire